Anthropic a annoncé lundi 25 août une mémoire unifiée pour son assistant Claude, valable à la fois sur le chat classique et sur Cowork, son outil pensé pour les tâches professionnelles. Concrètement, l’IA retient désormais ce qu’on lui confie dans une conversation pour le réutiliser ailleurs, sans qu’il faille tout répéter. La fonction est activée par défaut sur les forfaits Free, Pro et Max, sur le web, sur ordinateur et sur mobile.
L’essentiel
- La mémoire de Claude est désormais partagée entre le chat classique et Cowork
- Activée par défaut sur les forfaits Free, Pro et Max, sur web, ordinateur et mobile
- Santé, origine, religion, opinions politiques et identité de genre restent exclues par défaut
- Chaque utilisateur peut consulter, modifier ou supprimer les informations mémorisées
Jusqu’ici, changer d’interface signifiait tout réexpliquer à l’IA.
Un utilisateur qui avait détaillé un projet dans le chat devait redonner les mêmes précisions en passant sur Cowork, l’outil d’Anthropic dédié à l’organisation de fichiers et de tâches plus complexes.
Avec la mise à jour, ce cloisonnement disparaît.
Comment fonctionne la nouvelle mémoire de Claude
La différence tient surtout à la continuité.
Là où l’ancien système n’enregistrait des éléments qu’à la fin d’un échange, Claude capture désormais des informations utiles en cours de conversation, au fil de la discussion.
Anthropic donne un exemple concret : préparer un point d’équipe ou l’ordre du jour d’une réunion.
Claude peut aller rechercher, dans un échange antérieur, l’effectif d’un service, un lieu de rendez-vous ou le nom d’un intervenant, sans ressaisie manuelle.
Chacun garde la main sur ce qui est retenu : les informations mémorisées peuvent être consultées, corrigées ou effacées à tout moment depuis les paramètres.
Confidentialité : ce que Claude ne retient jamais
Le sujet de la vie privée occupe une bonne partie de l’annonce.
Par défaut, Claude exclut de sa mémoire les données de santé, l’origine ethnique, les convictions religieuses, les opinions politiques et l’identité de genre.
Un utilisateur peut choisir d’autoriser la mémorisation de ces sujets sensibles via un réglage dédié, avec une notification à chaque enregistrement de ce type.
Certaines catégories restent, elles, totalement exclues, sans option pour les activer : numéros de pièce d’identité, données bancaires, antécédents judiciaires ou statut migratoire ne sont jamais conservés.
Cette question de la confidentialité des assistants IA reste sensible, comme l’a montré un autre assistant IA capable de lire les emails de ses utilisateurs, critiqué pour son manque de garde-fous.
Claude face à ChatGPT : la mémoire, nouveau terrain de bataille des IA
La mémoire longue durée est devenue un argument commercial central pour les grands assistants conversationnels.
OpenAI a lui aussi doté ChatGPT d’une mémoire persistante entre les sessions, quelques jours seulement avant qu’il ne commence à afficher des publicités en France.
Pour choisir entre les deux, mieux vaut comparer les usages réels plutôt que les seules promesses marketing : notre comparatif IA détaille les forces de chaque assistant.
Cette bataille de la mémoire s’inscrit aussi dans une stratégie plus large : Anthropic cherche à séduire davantage d’entreprises, alors que la société vise une valorisation de 2 000 milliards de dollars en vue d’une future entrée en Bourse.
Reste à voir si cette mémoire partagée convaincra les usagers les plus prudents, entre confort d’usage et quantité croissante de données confiées à l’IA.


