Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour blessures involontaires par conducteur après la collision, survenue le 11 juin dans le 17e arrondissement, entre une voiture officielle transportant l’ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin et un motard. Selon Mediapart, plusieurs témoins et la victime contestent aujourd’hui la version donnée par l’ancien chef du gouvernement.
L’essentiel
- Une enquête pour blessures involontaires a été ouverte par le parquet de Paris, confirmant une révélation de Mediapart.
- Le motard affirme que le véhicule aurait franchi un feu rouge, gyrophare et sirène activés.
- Plusieurs témoins assurent que Jean-Pierre Raffarin aurait quitté les lieux sans s’enquérir du blessé.
- L’ancien Premier ministre dément et affirme s’être rendu à l’hôpital pour prendre des nouvelles de la victime.
Une collision sur fond de feu rouge grillé
L’accident s’est produit le 11 juin, à un carrefour du 17e arrondissement de Paris. La victime, un homme d’une trentaine d’années, a été sérieusement blessée et hospitalisée.
Elle affirme que le véhicule administratif, gyrophare allumé et sirène activée, aurait franchi le feu rouge avant de la percuter de face. Plusieurs témoins interrogés par Mediapart confirment cette version.
Jean-Pierre Raffarin, simple passager à l’arrière du véhicule, avance une autre explication.
Selon lui, son chauffeur aurait actionné l’avertisseur en ralentissant, dans une configuration qu’il juge confuse et peu visible.
Une absence de secours contestée
Le volet le plus sensible du dossier concerne les instants qui ont suivi le choc. La victime affirme que ni Jean-Pierre Raffarin ni son chauffeur ne lui auraient porté assistance sur place.
Un riverain assure avoir vu l’ancien Premier ministre s’éloigner à pied vers le parc Monceau, sans un regard pour le blessé au sol.
Jean-Pierre Raffarin dément cette version des faits. Il affirme s’être rendu à l’hôpital pour prendre des nouvelles de la victime et lui laisser ses coordonnées.
« Je me suis rendu immédiatement à l’hôpital pour prendre des nouvelles », a-t-il écrit sur X.
Le motif du trajet mis en doute
Autre point de friction relevé par Mediapart : la justification donnée par Jean-Pierre Raffarin pour expliquer sa présence dans ce véhicule officiel. L’ancien Premier ministre affirme qu’il se rendait à son bureau pour régler une urgence avant de rejoindre l’hôpital.
Or, selon Mediapart, son agenda du jour ne mentionnait qu’un déjeuner privé au Club des Cent, un cercle gastronomique fermé réunissant notamment responsables politiques et chefs d’entreprise.
Ce déjeuner n’entre pas dans le cadre de la mission sur les relations franco-chinoises qui justifie, selon Raffarin, l’attribution de ce véhicule avec chauffeur.
Vers une audition de l’ancien Premier ministre ?
La victime a déposé plainte et réclame l’audition de Jean-Pierre Raffarin ainsi que de son chauffeur. Les témoins demandent également la réquisition des images de vidéosurveillance du carrefour avant leur effacement.
Le parquet de Paris a confirmé l’ouverture de l’enquête vendredi, sans détailler de calendrier.















