Le New York Times publie ce mercredi 8 avril une enquête d’un an désignant Adam Back, cryptographe britannique et PDG de Blockstream, comme le suspect le plus crédible derrière le pseudonyme Satoshi Nakamoto, créateur de Bitcoin. L’intéressé dément catégoriquement, parlant de « coïncidences ».
L’affaire Satoshi Nakamoto n’a pas fini de faire parler. Le journaliste d’investigation John Carreyrou, connu pour avoir révélé le scandale Theranos, a consacré plus d’un an à analyser 134 308 messages provenant de listes de diffusion cryptographiques actives entre 1992 et 2008. Objectif : identifier l’homme ou la femme derrière le livre blanc du Bitcoin, publié en octobre 2008 sous ce pseudonyme.
67 erreurs d’orthographe communes : la pièce maîtresse du dossier
L’enquête repose sur plusieurs piliers. Un linguiste, Florian Cafiero, a conduit une analyse stylistique comparant les écrits de Satoshi à ceux de douze suspects. Adam Back ressort en tête, bien que les résultats soient jugés non concluants.
Plus frappant : 67 erreurs d’orthographe avec traits d’union seraient communes entre les écrits de Back et ceux de Satoshi — soit presque le double du deuxième suspect le plus proche.
Le dossier s’appuie aussi sur un argument chronologique troublant. Back était très actif sur la liste de diffusion cryptographique jusqu’au moment précis où Satoshi est devenu actif, avant de reprendre son activité six semaines exactement après la disparition de Satoshi en avril 2011, selon CoinDesk.
Adam Back : « C’est une coïncidence »
Lors d’un entretien de deux heures en El Salvador, Adam Back a démenti plus de six fois être Satoshi Nakamoto. Il a répondu par écrit que « le reste est une combinaison de coïncidences et de phrases similaires issues de personnes avec une expérience et des centres d’intérêts comparables », selon Bitcoin Magazine.
Back est aujourd’hui PDG d’une société qui fusionne avec un véhicule coté de Cantor Fitzgerald — ce qui lui confère une visibilité publique croissante et rendrait une révélation d’identité particulièrement explosive financièrement.
Pas de preuve définitive, la communauté sceptique
L’enquête n’a pas produit de preuve documentaire décisive. Aucune démonstration de clé privée, aucune communication vérifiée depuis le portefeuille original de Satoshi, et aucun témoin direct. L’analyse stylistique, aussi sérieuse soit-elle, n’a jamais suffi à convaincre la communauté Bitcoin dans les affaires précédentes.
L’identité de Satoshi Nakamoto reste l’un des plus grands mystères de l’ère numérique. Les bitcoins dormants attribués au créateur représentent environ 1,1 million de BTC, soit une fortune de plusieurs dizaines de milliards d’euros.








