Stéphane Larue
Actus

L’Amérique pleure la mort du révérend Jesse Jackson à l’âge de 84 ans

L’Amérique pleure la mort du révérend Jesse Jackson à l’âge de 84 ans

L’infatigable militant des droits civiques et compagnon de route de Martin Luther King est décédé ce mardi 17 février auprès de sa famille.

C’est une voix historique de la conscience américaine qui vient de s’éteindre.

Le révérend Jesse Jackson, figure tutélaire de la lutte pour l’égalité raciale aux États-Unis, est mort à l’âge de 84 ans. Comme l’a confirmé sa famille dans un communiqué, le pasteur est parti « en paix », entouré des siens.

Une disparition qui résonne bien au-delà des frontières américaines.

Selon ses proches, cet « artisan du changement » laisse derrière lui une empreinte indélébile sur le XXe siècle, ayant consacré son existence à offrir une tribune politique aux minorités et aux classes populaires.

Malade depuis plusieurs années, il avait annoncé en 2017 souffrir de la maladie de Parkinson.

De Memphis à Minneapolis : une vie sur le front

L’histoire de Jesse Jackson se confond avec les heures les plus brûlantes de l’Amérique.

Il était là, sur le balcon du Lorraine Motel à Memphis en 1968, lorsque Martin Luther King a été assassiné sous ses yeux. Un traumatisme fondationnel pour celui qui reprendra le flambeau de la non-violence.

Un demi-siècle plus tard, la rage et le combat étaient restés intacts.

En avril 2021, le vieux lion s’était rendu à Minneapolis pour soutenir la famille de George Floyd. À l’annonce de la culpabilité du policier Derek Chauvin, il avait rappelé avec gravité que la « lutte pour l’égalité » était loin d’être achevée.

Entre ces deux tragédies, il aura été le témoin privilégié de l’ascension de Barack Obama, versant des larmes d’émotion lors de la victoire du premier président noir des États-Unis en 2008.

L’homme qui a ouvert la voie aux Démocrates

Bien avant d’être une icône morale, Jesse Jackson fut un animal politique redoutable.

Double candidat à l’investiture démocrate en 1984 et 1988, il a révolutionné la base électorale du parti en s’adressant directement aux exclus du système.

« Mon électorat, ce sont les désespérés, les damnés, les déshérités », clamait-il lors d’une convention restée célèbre.

Son score de 1988 avait marqué les esprits, prouvant qu’un candidat afro-américain pouvait peser lourd dans la course à la Maison Blanche.

Pourtant, son parcours ne fut pas exempt de polémiques.

Ses détracteurs n’ont jamais oublié ses propos antisémites tenus dans les années 80 concernant New York, ni son soutien indéfectible à son ami Michael Jackson lors des accusations d’abus sexuels en 2005.

Un diplomate de l’ombre

Au-delà des droits civiques, le natif de Caroline du Sud s’était imposé comme un médiateur international de premier plan.

N’hésitant pas à dialoguer avec les « ennemis » de l’Amérique, il avait obtenu la libération de prisonniers ou d’otages en Syrie (1983), en Irak auprès de Saddam Hussein (1990) et à Belgrade (1999).

Né d’une mère adolescente dans le Sud ségrégationniste, celui qui disait être né « une pelle dans les mains » plutôt qu’une cuillère en argent, aura fini son parcours en géant de l’histoire politique mondiale.

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