Stéphane Larue
Actus

L’Arcep ouvre une enquête administrative massive face à l’explosion du démarchage abusif

L’Arcep ouvre une enquête administrative massive face à l’explosion du démarchage abusif

Le gendarme des télécoms réagit fermement ce lundi 16 février 2026 après une flambée spectaculaire des signalements pour usurpation de numéros.

C’est un fléau qui sature le quotidien des Français et l’autorité de régulation a décidé de taper du poing sur la table.

Alors que les plaintes s'accumulent, l’Arcep officialise aujourd'hui l'ouverture d'une procédure administrative d'envergure.

Le régulateur vise directement les opérateurs et leur gestion des appels frauduleux.

Selon les données révélées ce matin dans le bilan annuel de la plateforme « J’alerte l’Arcep », la situation est devenue critique pour les consommateurs.

Un chiffre résume à lui seul l’urgence de la situation.

Le volume d'alertes concernant le démarchage abusif et l'usurpation de numéros (le fameux spoofing) a bondi de 113 % en seulement un an.

Une offensive lancée depuis Paris contre le « spoofing »

Les méthodes des démarcheurs se sont industrialisées et contournent trop souvent les barrières techniques.

D’après le sondage réalisé par l’Institut CSA à l’automne 2025 pour le compte du régulateur, près de la moitié des abonnés (43 %) affirment avoir subi une usurpation de numéro au cours du dernier trimestre.

Face à cette dérive, l’autorité basée à Paris ne se contente plus d’observer.

Une enquête administrative a été officiellement ouverte le 29 janvier dernier. Elle cible l'ensemble des opérateurs attributaires de numéros.

L'objectif est double :

  • Identifier précisément comment ces appels frauduleux parviennent encore à transiter sur les réseaux français.
  • Vérifier si les opérateurs respectent bien leurs obligations légales d’authentification des numéros.

Depuis la fin 2025, les opérateurs ont pourtant l'obligation stricte de couper les appels non authentifiés et de masquer les numéros français provenant de l'étranger s'ils sont douteux.

La fin du réseau cuivre inquiète encore

Au-delà de la lutte contre les nuisances téléphoniques, le rapport dresse un état des lieux contrasté de la connectivité en France.

Si la satisfaction globale grimpe légèrement pour atteindre une note moyenne de 7,9/10 (fixe et mobile confondus), un chantier majeur souffre d'un déficit d'information.

La fermeture définitive du réseau ADSL (cuivre), prévue pour 2030, reste une inconnue pour une grande partie de la population.

Voici les points clés techniques relevés par l'observatoire :

  • Déficit d'information : 28 % des abonnés ADSL ignorent totalement que leur ligne cuivre va être coupée prochainement.
  • Appétit pour la fibre : 93 % des clients encore à l'ADSL se disent prêts à basculer vers la fibre optique dès qu'elle sera disponible.
  • Extinction 2G/3G : Seulement un quart des utilisateurs (26 %) a été informé par son opérateur de l'arrêt programmé des anciens réseaux mobiles.

L’Arcep insiste sur la nécessité pour les opérateurs d’accélérer la communication auprès du grand public pour éviter une rupture de service brutale à l’approche des échéances.

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