Le fonctionnaire de police a vu son ultime recours rejeté la semaine dernière et devra répondre de violences volontaires ayant entraîné une infirmité permanente.
C’est l’épilogue d’une bataille procédurale interminable qui se joue à Paris.
D’après les informations révélées par BFMTV, la chambre de l’instruction a définitivement validé la tenue d’un procès pour le policier soupçonné d’avoir mutilé Jérôme Rodrigues.
L’homme de 35 ans, membre des compagnies d’intervention au moment des faits, avait tenté d’éviter la barre en déposant un recours contre l’ordonnance de mise en accusation.
La justice en a décidé autrement.
## Un renvoi définitif devant la cour criminelle
Les magistrats ont estimé que les charges pesant sur le fonctionnaire étaient suffisantes pour justifier sa comparution.
Il sera jugé par une cour criminelle, une juridiction composée exclusivement de magistrats professionnels, sans jury populaire.
Le chef d’accusation retenu est lourd : « violences ayant entraîné une infirmité permanente ».
Pour la figure emblématique du mouvement des Gilets jaunes, qui a perdu l’usage de son œil droit le 26 janvier 2019, cette décision marque une étape cruciale.
« Je suis satisfait mais je reste méfiant. »
Contacté par la chaîne d’information, Jérôme Rodrigues ne cache pas son amertume face à la lenteur du système judiciaire français.
Cela fait sept ans, presque jour pour jour, qu’il attend cette confrontation.
## Une ligne de défense fragilisée par l’enquête
L’avocat de la victime, Me Arié Alimi, espère désormais que le parquet fixera une date d’audience « avec rapidité ».
De l’autre côté de la barre, la défense encaisse le coup.
Me Gilles-William Goldnadel, conseil du policier, qualifie cette décision de « choquante » et promet de plaider « avec beaucoup d’espoir » l’acquittement de son client.
Le policier, toujours en fonction, maintient sa version des faits.
Il affirme avoir tiré une grenade de désencerclement vers une zone hostile sans viser personne spécifiquement.
Une version contredite par l’instruction.
Les deux juges en charge du dossier ont établi, grâce aux nombreuses vidéos analysées, que le groupe où se trouvait Jérôme Rodrigues place de la Bastille ne présentait pas de caractère violent au moment du tir.
L’usage de la force a donc été jugé illégitime par les magistrats instructeurs.
