Une nuit de garde banale a basculé dans le surréalisme ce week-end au CHU de Rangueil lorsque le bloc opératoire a dû gérer une menace explosive inédite.
Ce qui devait être une prise en charge médicale d'urgence s'est transformé en scène de déminage dans la Ville Rose.
Dans la nuit de samedi à dimanche, les équipes médicales des urgences de Toulouse ont accueilli un patient souffrant de douleurs abdominales sévères. Si les praticiens sont habitués aux cas insolites, la radiographie a révélé une anomalie dépassant l'entendement : la présence d'un corps étranger métallique massif logé dans le rectum du patient.
L'extraction, réalisée au bloc, a permis d'identifier formellement l'objet.
Il ne s'agissait pas d'un simple accessoire, mais d'un obus datant de 1918.
L'engin mesurait près de 16 centimètres de long pour 4 centimètres de large.
Les démineurs déployés en zone stérile
Face à ce risque potentiel d'explosion en milieu hospitalier, le protocole de sécurité maximale a été immédiatement déclenché vers 1h40 du matin.
Les forces de l'ordre ont rapidement sécurisé le périmètre autour de l'hôpital Rangueil, figeant les lieux pour permettre l'intervention des spécialistes.
L'équipe de déminage, dépêchée sur place en urgence, a pris en charge la munition historique pour l'analyser.
Le verdict technique a heureusement écarté tout danger immédiat : l'obus était inerte.
Selon les premières constatations validées par les experts, la charge explosive avait été retirée, rendant l'objet inoffensif pour le personnel soignant et les autres patients.
Aucune poursuite judiciaire engagée
La découverte d'une arme de guerre, même ancienne, entraîne automatiquement une procédure légale.
Le groupe d'appui judiciaire a initialement ouvert un dossier pour détention illégale de munitions de catégorie A. Le patient, une fois son état de santé stabilisé, devait théoriquement s'expliquer sur la provenance de cet artefact militaire centenaire.
Cependant, le parquet de Toulouse a rapidement tranché.
La munition étant "démilitarisée" et totalement neutralisée, l'infraction n'est pas constituée. L'affaire a donc été classée sans suite, laissant aux archives médicales de la Haute-Garonne l'un de ses dossiers les plus explosifs.
