Le leader du e-commerce renonce à imposer son nom dans les rues américaines et ferme 72 points de vente pour consolider sa filiale historique.
C'est un aveu d’échec rare pour la firme de Seattle. Après avoir déjà réduit la voilure au Royaume-Uni en septembre dernier, le géant technologique revoit totalement sa copie sur le sol américain.
L’ambition de concurrencer la grande distribution traditionnelle sous sa propre bannière prend fin ce mardi.
Le groupe a officialisé l'abandon de ses enseignes physiques Amazon Fresh et Amazon Go.
Un réseau de 72 boutiques sacrifié au profit de l'enseigne bio
La décision est brutale pour le parc immobilier du groupe. Au total, ce sont 72 commerces de proximité qui vont baisser le rideau ou changer de visage.
Parmi les victimes de cette restructuration figurent une quinzaine de magasins Amazon Go.
Ce concept futuriste, qui promettait de faire ses courses sans passer par la case caisse grâce à des capteurs, n'a jamais réussi à se démocratiser au-delà d'une curiosité technologique.
La page se tourne.
Mais Amazon ne désérte pas le trottoir pour autant. La stratégie consiste désormais à basculer toutes les ressources vers une entité qui a fait ses preuves : Whole Foods.
La guerre du commerce physique reste la priorité face à Walmart
Si la marque "Amazon" disparaît des frontons, l'emprise du groupe sur le secteur alimentaire ne fait que se renforcer via sa filiale.
Acquise en 2017, l'enseigne haut de gamme Whole Foods est en pleine expansion. Elle compte aujourd'hui 550 supermarchés à travers les États-Unis, soit une hausse de 20 % depuis son rachat.
Le plan de bataille est agressif.
Le distributeur prévoit l'ouverture d'une centaine de nouveaux points de vente dès cette année. Certaines adresses fermées ce mardi seront d'ailleurs converties pour rejoindre ce réseau en croissance.
Il faut dire que l'enjeu est colossal.
Le commerce physique représente encore 80 % de la vente au détail outre-Atlantique. Pour espérer détrôner le leader Walmart et ses 5 000 magasins, Amazon doit impérativement disposer de relais physiques solides.
L'innovation change donc de camp.
Plutôt que de multiplier les petites boutiques autonomes, l'entreprise mise sur des structures hybrides massives, comme ce projet de 21 000 m² annoncé à Chicago, mi-hypermarché, mi-entrepôt logistique.
L'objectif final reste la domination de la livraison ultra-rapide, avec le test actuel du service Amazon Now promettant des produits frais livrés en 30 minutes.
