Du 21 au 25 janvier 2026, cette mobilisation culturelle d'ampleur pilotée par le Centre national du livre a généré une effervescence littéraire inédite sur tout le territoire.
Les chiffres donnent le vertige et témoignent de l'appétit des Français pour les mots.
Pour ce dixième anniversaire, ce ne sont pas moins de 8 500 événements qui ont rythmé la vie culturelle de l'hexagone et de trente pays étrangers. Orchestrée par le Centre national du livre (CNL), cette grande fête hivernale a réussi le pari de décloisonner la littérature en investissant près de 4 500 lieux différents.
L'objectif était clair : réaffirmer la place centrale du livre dans le quotidien de chacun.
Sous le parrainage prestigieux des auteurs Marie-Hélène Lafon et Laurent Gaudé, cette édition a exploré avec brio la thématique « Villes et campagnes ».
Une culture qui s'affranchit des lieux traditionnels
Loin de se cantonner aux rayonnages silencieux des bibliothèques, la lecture a investi l'espace public avec une audace remarquable.
Si les institutions vénérables comme la coupole de l’Institut de France ou le site Richelieu de la BnF ont ouvert leurs portes pour des lectures performées, l'événement a surtout brillé par sa capacité à surprendre.
La littérature s'est invitée là où on ne l'attendait pas.
Les usagers de la ligne C du RER et les voyageurs de l'axe Paris-Lille de la SNCF ont vu leurs trajets transformés en escales poétiques. Même constat au Ground Control, où une soirée festive sur la "ville de demain" a rassemblé plus de 250 passionnés autour d'écrivains comme Jean-Baptiste Del Amo ou Audrey Pleynet.
C'est une véritable occupation littéraire du terrain.
Des sommets de l’Arc de Triomphe aux couloirs de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, chaque espace est devenu, le temps de quelques nuits, un vecteur de partage.
Un maillage territorial et social sans précédent
La force de cette édition 2026 réside dans son ancrage local profond, refusant la centralisation parisienne.
En région, la ferveur était palpable.
À Bordeaux, la librairie la Machine à Lire a créé l'événement en accueillant Marie-Hélène Lafon, tandis que la Villa Rabelais à Tours ou le château d’Ardelay en Vendée proposaient des formats originaux mêlant patrimoine et écriture.
L'événement a également franchi les murs des institutions fermées.
Des ateliers et lectures ont été organisés au cœur des centres pénitentiaires, du quartier des mineurs de Grenoble Varces jusqu'à la prison de Fresnes, prouvant que la lecture reste un outil d'évasion et de lien social indispensable.
Entre balades littéraires, concerts dessinés et visites contées, cette décennie d'existence se solde par un constat sans appel : le plaisir de lire rassemble plus que jamais.
